Le Microbiome

Il y une vingtaine d’années, les bactéries étaient considérées comme l’ennemi public numéro un de la santé humaine. Aujourd’hui, nous savons que beaucoup d’entre elles sont en fait bénéfiques et peuvent même être nécessaires pour nous maintenir en bonne santé.

Cette nouvelle compréhension de la relation entre le corps humain et les micro-organismes vivant sur ou dans celui-ci a été suscitée par la recherche sur le microbiome humain. Le terme microbiome décrit tous les micro-organismes vivant dans un environnement donné (par exemple le tube digestif humain). Étant donné que la quantité de cellules microbiennes est beaucoup plus importante que la quantité de cellules humaines dans un corps, il n’est pas étonnant que ces cellules microbiennes jouent un rôle prépondérant dans la santé humaine. Au cours des cinq dernières années, des liens ont été établis entre le microbiome dans l’intestin et des maladies telles que le syndrome du côlon irritable (IBS), la maladie de Crohn et même l’obésité.

Lier les bactéries à l’obésité et au diabète

Même si d’importants progrès ont été réalisés dans le domaine de la recherche sur le microbiome humain, nous ne saisissons pas encore complètement comment et pourquoi ces micro-organismes causent, ou peut-être évitent le développement d’une maladie. Néanmoins, il semble que la composition de l’ensemble du micro-environnement et l’équilibre entre les différentes espèces peuvent faire la différence entre santé et maladie. Cela est particulièrement vrai pour l’intestin ; en effet, plus votre diversité bactérienne est importante, plus vous serez en bonne santé, du moins quand il s’agit de votre tour de taille.En 2013, deux importantes études ont mis en relation la faible variété bactérienne dans l’intestin avec l’obésité et l’inflammation. Elles ont démontré que l’intervention diététique chez les personnes en surpoids peut améliorer cette diversité. Ces études sont un excellent exemple du grand potentiel que détient la recherche sur le microbiome humain, car dans de nombreux cas, il peut être facilement modifié par l’alimentation, les probiotiques ou les transplantations fécales. Toutefois, avant que ces interventions fassent leur chemin jusqu’à l’application clinique, il est important d’analyser davantage le réseau complexe d’interactions entre les communautés bactériennes et les cellules humaines.

La recherche active au Luxembourg

Depuis plusieurs années, les chercheurs luxembourgeois sont très actifs dans ce domaine. Avec nos partenaires du LCSB (Luxembourg Centre for Systems Biomedicine) et du CHL (Centre Hospitalier de Luxembourg) nous menons deux études qui se penchent sur le rôle du microbiome dans le développement du diabète. En parallèle, nous préparons le lancement d’autres projets de recherche sur le microbiome pour 2016, notamment une étude sur le diabète gestationnel et une collecte d’échantillons de microbiome chez des volontaires en bonne santé.

La collecte MICROBIOME

Afin de soutenir davantage la recherche sur le microbiome, nous nous sommes associés à un laboratoire de biologie médicale luxembourgeois pour lancer une collecte dédiée au microbiome intestinal. Pour réaliser des études sur la composition du microbiome intestinal, les chercheurs ont besoin d’échantillons de selles ainsi que d’informations sur le régime alimentaire du donneur. Ainsi nous cherchons des volontaires en bonne santé qui seraient prêts à donner anonymement un échantillon de selles et à remplir un questionnaire alimentaire. Actuellement, la collecte MICROBIOME est en phase d’approbation par le comité national d’éthique de recherche et la commission nationale pour la protection des données. Nous espérons commencer le recrutement de participants d’ici quelques mois. 

Devenir des experts sur le microbiome

En plus de rassembler des échantillons biologiques pour ces études, nous soutenons la recherche sur le microbiome en examinant les méthodes pour traiter les échantillons de ce dernier. À titre d’exemple, nos scientifiques ont récemment testé six tubes de prélèvement de selles différents et trois façons différentes pour extraire l’ADN à partir d’échantillons de selles afin de déterminer quelle est la solution optimale. Ayant établi le microbiome comme domaine de recherche prioritaire, nous avons également coorganisé le 5e congrès international sur le microbiome humain humain (5th International Human Microbiome Congress – IHMC) du 31 mars au 2 avril 2015 au Luxembourg. Intitulé « Les Orientations Futures de la Recherche sur le Microbiome Humain dans les domaines de la Santé et de la Maladie », le congrès a accueilli 50 conférenciers experts en matière de microbiome et plus de 600 participants, provenant des quatre coins du monde. Pendant trois jours, les scientifiques ont débattu sur les nouvelles méthodes de recherche, les potentielles thérapies et les dernières découvertes sur le rôle du microbiome dans la maladie humaine.